Tournesol

Publié le par Jean Leznod

Van Gogh - Tournesols
Van Gogh - Tournesols

L’été était à son comble, assourdissant, envahissant tout l’espace, occupant la moindre place disponible, sans aucune mansuétude. La nature s’était tue, terrée à l’ombre, dans les derniers recoins, où cela était encore possible. Même les grillons et les cigales avaient arrêté leur chant incessant.

Les hommes aussi, ne savaient plus que dire, après de rudes travaux, qu’ils avaient débuté à la levée du jour, la sueur au front, s’asseyant là où ils le pouvaient autour de la table et s’essuyant le front avec leur mouchoir. Seul le vol d’une mouche, elle s’était probablement introduite pour gouter un peu de l’ombre de ce refuge, venait parfois contrarier le silence pesant qui s’était installé, sous l’auvent qui les abritait comme au dehors.

Les tournesols avaient ouvert leurs grands pétales, formant des champs d’or à perte de vue, comme autant de reflets de l’astre qui plombait la vallée, de ces rayons incandescents, à cette heure-ci, juste avant le déjeuner.

Tous, le ventre creux, le regard las, rivé vers le dehors, étaient obnubilés par ce spectacle, une immensité de feu couvrait la vallée, qui leur paraissait surnaturelle, maintenant à l’abri du soleil.

Tous, salivaient de soif, la bouche béante, devant ces milliers de soleil qui avaient envahi le sol.

Mais personne ne bougeait, il était encore temps, on aurait le temps après.

Publié dans Divers mots

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