Le matin du 1er Janvier 2015 - Une femme lubrique sans foi ni loi.

Publié le par Jean Leznod

Pablo Picasso
Pablo Picasso

Au petit matin du 1er Janvier 2015, je quittais la rue de la Trempe, le teint enjoué, insouciante, presque fraiche, goûtant pleinement de cette nouvelle année qui s’annonçait bien. Mon amant, souvent peu fiable, une fois n’est pas coutume, ne m’avait pas posé de lapin, avec un faux prétexte circonspect à la noix dont il a le secret.

Il avait accepté de passer la soirée et la nuit du réveillon avec moi, en tête à tête, dans son appartement. En ces temps troublés, j’appréciais d’autant plus son geste. J’avais la mine tirée, les yeux cernés, et je n’étais pas très pimpante, pour ainsi dire. Je me faisais du souci, dans l’expectative d’un évènement heureux, mais qui serait difficile à passer et surement tourmenté.

J’avais prétexté à tous que je voulais être seule ce soir, mais que tout allait bien, ma meilleure amie et complice dormirait à la maison. Les domestiques avaient été renvoyés et me remercièrent même de leur octroyer cette soirée-là. Mon mari, lui, dormait à l’hôpital. J’étais ainsi tranquille jusqu’au lendemain ; j’avais tout prévu, un taxi avec vitres teintées devait venir me prendre discrètement à 20h pour me mener chez lui.

Mon amant me combla ce soir-là, même au-delà de toutes mes attentes, avec un excellent repas, du champagne millésimé à volonté, une nuit de folie, au lit, et en dehors, qui chassèrent vite toutes mes inquiétudes et cette ambigüité dans laquelle je me trouvais. Nous explorâmes, je crois bien, tous les angles et pièces de son appartement très design, avec un nouveau point de vue, plus sensuel, qui reteint mon attention tout le long de la soirée.

A ma grande satisfaction, mes perturbations s’étaient totalement envolées au contact de nos corps frémissants et brulants d’un désir insatiable.

Je finis par m’endormir, enchantée, dans des draps de soie de la meilleure facture et au parfum délicat, les dernières bulles de champagne qui remontaient légèrement jusqu’à ma tête, me procurant un bien être imperturbable. Cet amant était de choix, je lui mettrais sans faute quatre croix dans mon carnet en rentrant, le maximum que je m’autorisais.

J’étais tourmentée parce que mon mari avait eu l’idée, la bonne idée, enfin…, était à l’article de la mort. Après un accident stupide, un lourd pot de fleur lui était tombé sur la tête depuis le deuxième étage de notre maison, il allait me laisser à la tête d’une fortune colossale. J’avais vraiment besoin de décompresser pour affronter tout ce qui allait s’en suivre. Pour cela il n’y a rien de tel qu’une nuit passée avec un partenaire, qui en temps normal, a tendance à vous délaisser et qu’il faut souvent rappeler à l’ordre, mais qui cette nuit-là, vous comble d’attention.

J’avais visé juste et je m’en félicitais. Il m’avait même fait jouir quatre fois dans la soirée !

Marchant d’un pas assuré, en direction de la station de taxi qui n’était plus qu’à quelques mètres, je sentais que je pourrais, maintenant, et sans la moindre difficulté, affronter la chose sereinement : l’hôpital, le constat du décès, ses enfants, les rendez-vous contraints, le notaire, la paperasse, à en déborder, jusqu’à l’enterrement lugubre et même faire mine de pleurer !

J’étais requinquée, en ce premier jour de l’année 2015, qui avait si merveilleusement bien commencé.

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Oncle Dan 10/03/2015 18:42

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Jean Leznod 11/03/2015 19:06

Je suis ravi que cela vous plaise.

el la plume 10/03/2015 11:54

Terrrrrrible !! On te reconnaît bien là, Leznod ! ;-)