130 victimes, 130 poèmes

Publié le par Jean Leznod

130 victimes, 130 poèmes

La bibliothèque Sainte-Barbe, en étroite collaboration avec les éditions Bruno Doucey et avec le précieux concours des revues Arpa et Place de la Sorbonne, collecte autant de poèmes qu’il y a eu de victimes ce vendredi 13 novembre 2015 à Paris.

Ces poèmes seront lus en continu au kiosque le jeudi 26 novembre 2015, de 10 heures à 20 heures, sans protocole particulier, par les étudiants qui le souhaitent, les bibliothécaires et les poètes présents.

Et j'ai l'immense honneur d'avoir appris que mon poème "Appel d'un poète en résistance" avait été sélectionné.

Pour plus de renseignements : http://www.bsb.univ-paris3.fr/fr/actualites-de-sainte-barbe/129-victimes-129-poemes

Venez nombreux.

Publié dans Revue de mots

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Cie Les Fileurs d'Orties 24/11/2015 10:28

Heureuse pour vous.

Philippe Lemoine 23/11/2015 23:35

Le cœur au bout des doigts…

Quand la parole prêche et la haine et la rage.
Lorsque la barbarie outrage nos couleurs,
Que d’un garrot, la bête étrangle nos valeurs,
Indicible l’horreur, s’inscrit en bout de page …

Errance de mon cœur sur des châteaux de sable,
Sur ma joue, une larme aiguise son rasoir,
J’arpente les pavés mouillés du désespoir,
Où s’abîme âprement l’horizon périssable…

Parmi les trépassés couchés sous les décombres,
Je cherche l’étincelle en regardant les cieux,
Cet amour absolu prôné par tous les Dieux,
De petits grains d’espoir perdus dans les jours sombres…

La rose et le lilas périssent à nos portes,
À l’ombre des tilleuls je n’irai plus m’asseoir.
Le cœur au bout des doigts, dans la douceur du soir,
Je partirai prier au bal des feuilles mortes…

Philippe Lemoine 23/11/2015 23:32

Vendredi 13 novembre 2015.

Sinistre nuit d’écume,
Ciels brouillés, nuées pesantes et sombres,
Soleil de plomb, lumières livides,
Ténèbres et pestilences,
Brûlante de fièvre,
L’humaine conscience se désagrège.
De traîtres yeux barbares
Aiguisent leurs couteaux.
Des égouts montent, nauséabondes,
De funestes clameurs de souffre.
L’ombre, au milieu de la foule,
Plane et avance masquée.
La bête bave, vocifère et puis hurle à la mort,
Ronces et barbelés claquemurent l’horizon,
Incandescente, la haine dégouline le long des trottoirs.
Piège mortifère, le hasard
Décime l’innocence, du regard.
C’est la nuit des assassins,
Des éclats de mitraille fusent,
Asphalte, pierres et murs maculés du sang des agneaux,
Ultimes cris des trépassés,
La ville brûle !
Dans les rues de Paris,
Point de miséricorde,
Inertes, désarticulés,
Privés du souffle essentiel,
Les corps s’amoncellent.
Rêves de paix et d’amour,
Nos châteaux de sable s’effritent en lambeaux.
Justice et Liberté se désespèrent
Et déambulent, hagardes, au sillon des catacombes.
L’âme déchiquetée, marquetée au fer rouge,
Les tripes à l’air,
Le cœur percé d’une aiguille,
La république vacille
Et le précieux métal s’oxyde.
Mille et cent cris, à l’arme blanche,
Lacèrent le bitume.
Ô, tristes et lancinantes plaintes,
Longs sanglots de chair et de sang,
Sur les bords de Seine,
Marianne pleure, pleure ses enfants…