Pour une demoiselle au rouge à lèvres - Puzzle 4

Publié le par Jean Leznod

Était-ce dans un cimetière, par terre, un rêve
Pourquoi y ai-je vu une frêle stèle ?
Pour une demoiselle au rouge à lèvres
Qui la rebelle, m’attirait à nouveau vers elle ?
 
 
Des stigmates prégnants, ardents sur le mur
Je sentais, respirais, la décrépitude, l’usure
Pourtant, je pouvais y lire aussi le beau
Une façon de porter un regard nouveau
 
 
Comme si à la mort, à la vie vaine
Se substituait un voile blanc émouvant
Sous la voie lactée d’un cœur en peine
Descendant jusqu’au sol et se recueillant
 
 
L’existence n’est qu’une pâle et courte aubaine
Deux visages de sagesse faits de papiers usés
Discourent sur le vert strié d’un noir damier
Née de l’espérance folle de la condition humaine
 
 
Elle n’était pas seule, ils étaient nombreux, hélas
Les disparus, les naufragés, leurs sourires à jamais perdus
Ne restait que cette vague et sublime trace
Une toile abîmée, splendide de lambeaux foutus
 
 
Je suis alors retourné dans cette maison sombre
Dans mon songe, habitée par le seul jeu des ombres
Des leurs peut-être, de la jeune fille à la bouche carmin ?
Dont les mains, je me souviens, avaient la douceur du satin
 
 
Elle était barricadée, fermée aux yeux désœuvrés
Mais par quel miracle, j’y ai tout de même pénétré
Je l’imaginais une dernière fois vivante, arpentant les lieux
D’un éperdu regard, merci, avant que vous l’ensevelissiez, mon dieu
 

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Quatrième puzzle avec Jacques Rawski (Photographe) pour une jeune fille au rouge à lèvres
Page Facebook de Jacques Rawski : https://www.facebook.com/jessjacques.rawski

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Graphie du poème.

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Ingrid S. Kim 28/02/2016 15:23

Coupé-collé sans tricher (quel fabuleux exercice)

Était-ce
un rêve ?
ils étaient nombreux
mon dieu
les naufragés
Les disparus
leurs sourires à jamais perdus
lambeaux foutus
faits de papiers usés
Des leurs peut-être
Une toile abîmée
vague et sublime trace
de la jeune fille à la bouche carmin
Dont les mains, je me souviens
avaient la douceur du satin
Elle n’était pas seule
Deux visages
ardents sur le mur
Elle
une dernière fois vivante
Pourquoi y ai-je
tout de même pénétré
dans cette maison sombre
hélas ?

Jean Leznod 28/02/2016 15:24

Idem :-)